Il y a ce discours commun qu’on entend de manière récurrente, qui dit que pour être heureux, pour vivre pleinement il faut vivre passionné, vivre pour un but, avoir une raison d’être.

Ce chemin de vie, cet Ikigai qui nous laisserait constamment motivé et serait une source sans fin d’énergie, à la croisée entre ce que l’on aime, ce qui est utile à soi et aux autres.


Je me suis toujours dit que la raison pour laquelle je vis, c’est surtout parce qu’on m’a donné la vie (non, sans rire). Je n’avais pas d’autre raison ou mission particulière que celle de rester en vie, et de travailler à en améliorer les conditions du mieux que je pouvais, poussée par une volonté qui n’est est pas une, un instinct de survie.

J’aime la vie. Je suis de ces personnes qui regardent autours d’elles quand elles marchent, qui voient de la beauté dans les feuilles d’automnes qui tombent, qui entendent de la musique dans le chant des oiseaux et le bruit du vent, qui sourient en fermant les yeux quand l’air sent la pluie.


Et puis en 2014, j’ai eu un accident de la route. Un accident grave, un accident dont, quand on le voit arriver, on se dit que ce sera le dernier. Pendant cette brève mais intense image de l’arbre qui s’approchait à 90km/h de mon siège de passagère, je me suis réellement dit que j’allais mourir. Et sur le coup, je me suis demandée: « est-ce que c’est ok? ». Alors ces brèves pensées m’ont traversé l’esprit: j’ai terminé mes études et été diplomée, je suis ingénieure, j’ai un métier qui me plait, j’ai mon homme que j’aime, des amis, un famille, une voiture… j’ai listé ce que je possédais, encore plus que qui j’étais devenue , et après ce constat j’en ai déduit que j’étais « ok » avec le fait de mourir, à ce moment-là.

Et puis j’ai fermé les yeux, tout mon corps s’est crispé à l’impact. Je me souviens qu’en ouvrant les yeux, tout était grisâtre et l’air empestait le gaz contenu dans l’airbag. On m’a dit plus tard que c’est du gaz anti-combustion. Une personne s’est arrêté et a eu le réflexe de débrancher immédiatement la batterie de la voiture, puis a tiré de toutes ses forces sur la portière de la voiture. Je me suis retrouvée hébétée, sur l’herbe mouillée d’un matin de Décembre, bredouillant que ma guitare avait dû etre cassée et me demandant comment on allait pouvoir prendre un train pour continuer le trajet…. avant d’être durement revenue à la réalité par la douleur et la vue de la personne que j’aimais le plus au monde qui souffrait et m’inquiétait beaucoup.

Finalement après quelques heures de prise en charge, d’examens, d’attente et de douleur, je suis revenue sur ma réponse à la question. Non. Je n’était pas « ok » avec le fait de mourir, mais alors pas du tout. Je n’avais pas tout envisagé… alors j’ai commencé à réfléchir à pourquoi, ce n’était pas « ok ».


Aujourd’hui avec un bout de chemin parcouru en plus, ma raison de vivre est toujours que l’on m’a donné la vie. Elle a failli m’être reprise trop tôt, et je n’en suis qu’encore plus intentionnelle qu’avant dans ma philosophie épicurienne – sans être hédoniste – selon laquelle j’aime comme si j’allais mourir demain et j’apprends, je construis comme si j’allais vivre pour toujours.

Construire comme si on allait vivre pour toujours a démarré pour moi avec la construction d’une famille, puis j’ai commencé à m’intéresser au monde autour de moi et à ce qu’il avait de forte chance de devenir, afin de savoir y faire face. Je suis rentrée dans une volonté d’apprentissage constant en vue que chaque aspect de ma vie soit le plus durable possible et fasse part d’un tout. En ce sens, j’ai d’abord eu l’ambition de réduire au maximum mon emprunte carbone, avant de me rendre compte que le processus dans lequel j’avais la volonté de m’engager était plus complet et complexe que cela, et englobe le concept de résilience dans son ensemble.

Aimer comme si j’allais mourir demain se traduit par l’amour que je porte bien entendu aux personnes, et surtout mes enfants maintenant que je ne suis plus ma propre priorité. Mais aussi il s’agit d’amour pour les êtres et les choses qui évoluent ainsi que les écosytèmes qui les unissent. En terme de valeur, je le traduit par l’empathie, une volonté de comprendre et d’apprendre à ressentir au delà de mon être. J’ai toujours pensé que l’amour était ce qui faisait tourner le monde, était la clé de ce fragile équilibre entre guerre et paix – aujourd’hui je veux y croire encore plus que jamais.


La résilience et l’empathie sont mes valeurs, mes pilliers. Elles guident chacun de mes choix, des plus simples aux plus complexes. Du choix de ce que je mange, comment je me loge, qui sont mes amis, où je travaille, comment je me déplace, où je vais en vacances, ce que j’enseigne à mes enfants… la liste est longue! Mais que les choix sont faciles lorsqu’ils sont éclairés par des valeurs qui nous correspondent!

Ce qui devient difficile ensuite, c’est lorqu’on se laisse porter par les choix des autres ou que l’on fait des actions contraires à ses valeurs (par habitude, par exemple…) . Dans ces cas-là, étant donné que les valeurs sont connues, il est trop aisé de tomber dans le schéma manichéen du bien et du mal, de placer ses actions par opposition à ses valeurs et de s’infliger un shéma de pensée irrationnel de distorsion cognitive.

Je ne crois pas non plus que la définition de ces valeurs puisse être une source intarissable d’énergie, pour moi l’energie se gère, indépendemment du chemin que l’on souhaite emprunter dans la vie.


Comme quoi la vie ne devient pas d’un coup totalement rose, même lorsque l’on trouve sa voie… Et vous, vous avez trouvé la vôtre?


Pas de poison dans la maison
Le Potager et le Compost
Zero-waste projects
Bien dans son corps

Mentions Légales

CGU

Confidentialité

Contact

S’abonner

© Aurélie Bregeon

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s